Appel à tous du Gros Bon Sens

janvier 31, 2009 at 5:36 (Uncategorized)

Le Gros Bon Sens est un regroupement qui s’est formé spontanément avec la volonté de s’opposer au projet d’amendement du règlement sur la prévention des troubles de la paix de la Ville de Montréal, qui interdirait aux manifestantEs de se masquer le visage. Nous nous opposons sans compromis à cette mesure et souhaitons appeler divers organisations politiques, communautaires et groupes affinitaires à faire de même. En ce sens, voici les positions adoptées par notre groupe.

Dans le contexte actuel de crise économique où la précarité, les mises à pied massives et, conséquemment, la contestation sociale risquent d’aller en augmentant, nous croyons que l’adoption d’une telle mesure ne ferait que pénaliser les individus qui ne voudront pas garder le silence face aux injustices qu’ils-elles vivront. Aussi, en diminuant la liberté d’expression ce règlement contribuera à exacerber le mécontentement et compliquera le travail des policièrEs au lieu de le faciliter.

De plus, nous estimons que cette mesure contribue à la criminalisation de toute divergence politique, le masque étant une méthode de protection contre les représailles de nos dirigeants envers des actes – le plus souvent pacifiques – de protestations. Il en va donc de la liberté individuelle et collective d’exprimer notre désaccord sans faire l’objet de répression ciblée pour des opinions qui vont à l’encontre du pouvoir établi.

Nous sommes contre toute forme de profilage, qu’il soit racial, social ou politique. En adoptant un tel amendement, la Ville de Montréal facilite effectivement le fichage des individus appartenant à divers mouvements de contestation et ainsi, la répression de tels mouvements. En ce sens, nous croyons qu’il s’agit d’une atteinte aux libertés civiles que d’interdire l’anonymat dans des rassemblements publics.

ChacunE a effectivement le droit au respect de sa vie privée, ce qui implique que nul n’est obligé de s’identifier, sauf en état d’arrestation. Les motivations qui poussent quelqu’unE à garder l’anonymat dépassent largement la volonté d’accomplir des actes criminels sans répercussions judiciaires. Que ce soit pour des raisons politiques, religieuses, culturelles, familiales ou sociales, le port du masque lors des manifestations est une liberté fondamentale qu’il serait absurde de sacrifier au profit d’une surveillance et d’un contrôle social accru de la part des autorités. La sécurité et l’ordre public [lire la protection des intérêts dominants] ne doivent pas justifier une régression progressive des libertés individuelles et collectives.

Le service de police de la ville Montréal utilise déjà fréquemment des outils de surveillance lors des manifestations, qui lui permet de mettre sur pied une liste quasi-exhaustive des visages des protestantEs et, à la limite, de monter des dossiers sur les leaders des mouvements. Ce même service de police qui fut en 2005 réprimandé par le Comité des droits de l’homme de l’ONU pour ses pratiques anticonstitutionnelles et qui ne respecte souvent même pas son propre code de déontologie, nous demande maintenant de faire confiance à son « gros bon sens » pour l’application de ce règlement! Si nous voulons conserver la liberté si chèrement protégée par les Chartes canadienne et québécoise des droits et libertés, nous devons nous opposer à une telle mesure.

Dans une société où tout acte de divergence politique est réprimé et tout individu exprimant ses opinions dans une simple manifestation risque d’être fiché comme potentiel danger public, nul besoin d’avoir quelque chose de criminel, ou d’immoral à se reprocher pour vouloir conserver l’anonymat.

Le Gros Bon Sens

Le but du présent communiqué est d’obtenir le plus large appui possible au sein de la communauté militante et engagée de Montréal, puis de le diffuser largement afin de faire connaître notre désaccord. Il a donc été envoyé à plus d’une soixantaine d’organisations montréalaises. Si, comme nous, vous êtes préoccupéEs par le nouveau règlement municipal et désirez appuyer notre démarche, contactez-nous à legrosbonsens@gmail.com. Un simple « oui » nous permettra d’ajouter votre organisation à la liste de nos appuis et d’ainsi montrer à l’administration Tremblay-Dauphin et à la Fraternité des policiers et policières de Montréal que le désaccord est généralisé.

1 Commentaire

  1. Jean Naimard a dit,

    Un tel règlement est carrément ultra virès; la
    ville d’Outremont l’a appris à ses dépens en 1985 quand son fameux
    règlement interdisant les maillots de bain a été déclaré ultra-virès
    suite à une constestation. Le jugement a fait état que seul le
    gouvernement fédéral, par le biais du code criminel, avait le pouvoir de
    légiférer sur l’habillement.

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